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IN A BREATH



These 10 video sequences evoke various winds encountered between
the states of Wisconsin and Georgia during the Ventury odyssey.

Wisconsin
Illinois
Indiana

Ohio
Pennsylvania
Virginia

North Carolina
South Carolina
Georgia

Ventury
A TRANS-FRONTIER ODYSSEY
TRAILING AMERICAN WINDS

a project by PATRICK BEAULIEU
with DANIEL CANTY . ALEXIS PERNET . DAUPHIN VINCENT

In November and December 2010, Patrick Beaulieu initiated a 25-day transfrontier odyssey trailing the winds of America. Interested by the influence of the wind on humankind, nature, urbanism and geography, he pursued the aerial currents on board the Blue Rider, an old Ford pick-up fitted with various accessories and tools for observing the winds — a weathervane, a windsock and a pinwheel. He was accompanied in turn by three co-pilots : the landscape architect Alexis Pernet, and the writers Daniel Canty and Dauphin Vincent. Together, these windfinders completed a kind of terrestrial navigation, attempting, against all odds, to establish a correspondence between the roads of the continent and the fluidity of aerial currents.
Ventury’s starting point was Chicago — The Windy City. From there, the windfinders traced a daily path wholly dictated by the vagaries of the wind, choosing to abandon themselves to forces beyond their own in order to fully experiment their poetic potential. The phenomena observed along the road, while they bring us back to areas of scientific knowledge (meteorology, physics, geomatics) nevertheless contain an irreducible part of mystery. This transfrontier odyssey invites us to fathom, on an exploratory mode, the intuitive and metaphorical part of our understanding of the wind, this almost unearthly natural phenomenon.

Blue Rider

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ROAD OF WINDS


21.11.10 — 15.12.10


  WIND DIRECTION DEPARTURE ARRIVAL
  1 S CHICAGO IL. RACINE WI.
  2 S – S/E RACINE WI. FOND DU LAC WI.
  3 N – N/O FOND DU LAC WI. LAFAYETTE IL.
  4 E LAFAYETTE IL. PEORIA IL.
  5 N/O PEORIA IL. EVANSVILLE IN.
  6 O EVANSVILLE IN. LOUSIVILLE, KY.
  7 S/O LOUSIVILLE, KY. CINCINNATI OH.
  8 E – S/E CINCINNATI OH. INDIANAPOLIS IN.
  9 S/E INDIANAPOLIS IN. CHICAGO IL.
  10 O CHICAGO IL. ELKHART IN.
  11 O ELKHART IN. CLEVELAND OH.
  12 O CLEVELAND OH, WARREN OH.
  13 O WARREN OH. WILLIAMSPORT PA.
  14 N WILLIAMSPORT PA. HARRISBURG PA.
  15 HARRISBURG PA.
  16 N – N/O HARRISBURG PA. FAIRBANK MD.
  17 N FAIRBANK MD. NORFOLK VA.
  18 N – N/O NORFOLK VA BUXTON NC.
  19 N/E BUXTON NC. WILMINGTON SC.
  20 N/E WILMINGTON SC. CHARLESTON SC.
  21 N/E CHARLESTON SC. BRUNSWICK, GA.
  22 S BRUNSWICK, GA. CHARLOTTE NC
  23 E CHARLOTTE NC ASHEVILLE NC
  24 ASHEVILLE NC -
  25 ASHEVILLE NC -

BOOK OF AIR


Three excerpts from the VENTURY atlas (forthcoming)

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Happy Thanksgiving


ALEXIS PERNET

[…] Arrivés de nuit à Peoria, nous en guettons dans le jour un aperçu plus net, capable de nous offrir un repère, ou un point de lecture. On s’est familiarisé, après quelques échecs hier soir, avec l’échangeur qui permet l’accès au viaduc. On traverse à nouveau la rivière Illinois. Le centre est désert. Le ciel est bas, il pleuvra sous peu. Aucun endroit pour boire un café. On repasse la rivière par le vieux pont à structure métallique. Un bateau à aube à quai. Les quelques gros buildings et les parkings massés derrière. Plus loin, les usines. La voie rapide nous éloigne rapidement de la ville. Sur le plateau : arrêt à la première occasion, pour faire le point de lecture, avec un vent bien établi. Ce sera une direction de sud-est. Encore les plaines. Terre noire, zébrures des chaumes pas encore enfouis. De l’interstate, je prends des notes sur les quelques masses qui s’opposent, à la verticale, à l’immensité horizontale de la terre. Ce sont des fermes, ou quelques habitations dispersées. Chacune se signale par une masse arborée qui cerne et englobe les constructions, maisons et hangars. Régulièrement une grosse haie dense donne une indication sur l’orientation des vents froids de l’hiver. Parfois ce système de plantation se résume à quatre grands arbres plantés aux coins de la parcelle réservée à l’habitation. J’engrange tout ça, au passage. J’adopte peu à peu le point de vue du vent. Tout le paysage, en un sens, s’y conforme ou s’y oppose, comme on veut. Près de l’autoroute, il reste même l’un de ces petits tertres plantés, sur lequel on devine qu’il y eut une maison. Celle-ci a disparu complètement mais il reste les arbres.
Aux abords de Lincoln. Patrick arrête le Blue rider sur le bas côté pour filmer les guirlandes cernant une concession automobile, que le vent agite en brusques soubresauts. Toujours en quête de notre café matinal nous rentrons dans la ville. Historic Route 66. Intéressante rupture du système orthogonal nord-sud, qui effectue une rotation brutale pour se conformer à l’axe de l’ancienne route. Au centre, autour du vaste Courthouse. Le Thanksgiving day nous permettra-t-il d’accéder au réconfort d’un coffee shop ? Peu d’espoir, à voir les trottoirs déserts, les commerces fermés, quand ils ne semblent pas définitivement abandonnés. Un peu de lumière à l’arrière d’une vitrine qui annonce la combinaison heureuse de livres et de café. Un espoir : Patrick part en avant garde pour entamer une négociation : un couple le reçoit dans la boutique. En principe, c’est fermé en ce jour de Thanksgiving. Supplication amicale pour un café bien chaud : accepté. Nos hôtes doivent partir pour Decatur, pour le repas familial, dans sa famille à elle. Lui, probablement moins pressé, est plus bavard. Ils ont ouvert la boutique récemment. Il est écrivain. Quel genre de livres écrit-il ? Au moment de répondre sa femme lui pousse deux tapes dans le dos (on comprend « ne t’emballe pas »), avant de s’installer devant une partie de cartes sur son ordinateur. Les rayonnages de la librairie donnent une première réponse : psychologie, mythes, religions anciennes passées à la grande moulinette ésotérique du moment. En sirotant mon café, en tendant l’oreille au monologue de notre homme, je pioche Walden dans le rayon des classiques. Lui me parle d’un auteur français aussi génial qu’oublié, premier à avoir dressé je ne sais quelle interprétation des mythes de l’Egypte ancienne. Je me retrouve partagé entre mon ignorance et mon scepticisme, combiné à la reconnaissance sincère pour l’accueil et le réconfort qu’offre l’endroit. J’emporte le Walden, et laisse à regret un volumineux survey agronomique du canton voisin de Mont Pulaski. En nous disant au revoir, chacun a pour nous une formule que nous nous empresserons de consigner dans les carnets qui traînent à bord. Elle : « Well… enjoy America… if you can... ». Lui, tandis que nous discutons encore dehors devant la windsock hissée, pose le poing sur la poitrine de Patrick, visant le cœur : « You know you’re not searching for the wind, right ? ». […]



Dessins : Alexis Pernet

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Les États-Unis du Vent


DANIEL CANTY

[…] Représentation équitable. Les douaniers américains, alignés dans des petits cagibis de verre, trônent sur des tabourets tournants. La lueur verdâtre des terminaux informatiques colore leur regard. Les bases de données du gouvernement américain brillent de l’antique radiance des premières machines électroniques. Il y a bien longtemps qu’on pratique le contrôle social, dans les parages d’Ellis Island.
Le douanier qui m’accueille semble autochtone. Il a un de ces visages ciselé, à la peau d’écorce basanée. À une autre époque, il aurait pu affronter John Wayne en chef indien, stoïque sous son altière coiffe de plumes. D’ailleurs, il ne semble n’avoir que faire de ces clichés. Il porte bien l’uniforme bleu marine, au col pressé, de sa station. J’ai avalé un comprimé de valériane avant de passer la frontière, et tout m’en semble adouci. Calumet de la paix. Cet homme a le regard mélancolique. Il s’est résigné, sans drame, à son métier. Laconique Hi. Bonjour, mon nom est personne, et je pars suivre les routes bleus. Je ne dis rien. Je lui passe mes papiers.
Subtile rotation de tabouret. Il se détourne vers son écran. Tranquillement tapote. Un instant, ses yeux se dilatent. Il embrasse la situation d’un regard. Sur mon nuage, j’attends une question, je m’invente des excuses. I’m going to Cincinnati to see the Indians play the Yanks.
Mes compagnons remonteront de Louisville, où l’on cisèle les battes de baseball dans le noyer d’Ohio. Sur la casquette des Reds, on voit un Indien de bandes dessinées au sourire démesuré, plus large que son front. L’étonnement du douanier ne va pas plus loin. Il ne me demande rien. Absolument rien. Même pas où je vais. Il m’enjoint simplement d’avancer en me rendant mon passeport. Tac. Estampe. Un jour on m’a condamné à la ligne des immigrants parce que j’ai demandé un tampon pour ma collection. Nos regards se croisent dans un brouillard de valériane. Je crois deviner un vague sourire, un mouvement presque imperceptible à la commissure de ses lèvres. Taking it in. Taking it all in at a glance.
I am off to follow the winds. Où que le vent me mène, j’honorerai ton silence.[…]

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Quatre fragments du vent


DAUPHIN VINCENT

"Thanks to the Interstate Highway System, it is now possible to travel from coast to coast without seeing anything.

- Charles Kuralt

***


[…]
a priori - trailing the winds that make the world spin
Enfant de la rafale, je requiers tout le secours de l’air pour mettre vent en blouse et goûter à cette sensation d’immense délestage au terme de toutes mes bourrasques. Encore quelques jours de vents et de route et je serai incapable de me remémorer les heures qui ont précédé le départ. Ventury, nous verrons comment dehors est le vent. Pour l’heure, la contemplation des planches et du bouquet sur la table occupe Daniel et ses esprits. Il me prévient : « la condition pour tenir le coup est la tenue d’un amour solaire et sa teneur en soleil d’âme. » Tout le sens de Ventury est dans sa communication : transmettre. « La voie du vent fait ses pores à travers nous. » On nous sert chacun une indian pale ale laiteuse et riche en broue. […] Son élocution lucide s’accompagne d’une vision ventée du monde. « L’air introduit un espace entre toi et moi, il mesure une distance qu’il faille rejoindre. » Dauphin boit sa pinte. Daniel boit la sienne. « La Terre qui tourne sur elle-même fait venter le vent. Ainsi, une journée venturienne passe parfois sans plus d’autre giration que de nous faire faire le tour, et de nous retourner à la ville de la veille. » Mais comment en reviendra-t-on?

***

lunch in a patch of wind
Un midi à Bel-Air, attablés chez Savona pour un panini et un peu de compagnie, le Pilote et Dauphin se raisonnent et calculent les battements du cœur qu’ils portent comme potence de l’âge et en estiment la portance. Il en va de l’air qu’ils respirent un voyage qui, au départ, n’a de souffle que grâce à la créature qu’ils sont. Et qui expire. La bouffée se mêle à d’autres, qui s’accumulent en courants d’air, se rassemblent en bourrasques et rejoignent, par convection et chute de pression, là-bas, le vent des continents. Debout, la main à la poitrine, un homme de la montagne, peut-être au Tibet, profite de son ouverture thoracique et reçoit la bouffée qui fut dans leurs veines et qui là le nettoie de sa bile terrestre, lui, assis à récupérer la prière du vent dans son esprit.

***

à Saules-en-Berne
Nous nous rangeons sur le côté de la route. Patrick prend la caméra et sort. Je prends la mienne et sors. Des milliers de feuilles bruissent dans le corps de l’arbre. Ce que le vent traverse de feuillage et de frémissements, la lentille le capte. Que j’ouvre un instant la bouche et il soufflera en moi les odeurs et les écorces, les sèves et les sucs et la sensation d’être aspiré par cet appel d’air. Le vent donne au saule son effet de présence. 

***

the birth of a wind
Nous fonçons à vive allure à travers l’arrière-pays vers la côte est et ses îles depuis soixante-six heures sans arrêt nous voyons défiler les marais les boulevards le vent claquer dans les drapeaux les tas de terre noire à quai les grues de chantier les leviers les ports et les cheminées aux bouffées molletonnées les silos les incinérateurs les ponts et les châteaux d’eau à la paroi boulonnée et nous nous faufilons à travers les camions porteurs fourgons : peut-être aurais-je une vision ou en auras-tu une ou enfin parviendrons-nous dans cet état à capter l’émergence de l’air.
Nous voilà à St. Michaels. Juste à temps. Les phares illuminent les rues et les maisons désertées. Nous ralentissons. Puis nous coupons le moteur. Dehors le froid est mordant. Même si quelques-unes sont éclairées, toutes les portes où nous frappons demeurent closes. Nous boutonnons nos coupe-vent et continuons à pied.
Plus loin, nous apercevons les lueurs d’un attroupement.
Au centre de la place, la lanterne à la main, les veilleurs sont de garde. « Ici, pas la moindre brise n’a soufflé depuis des lunes. La dernière fois, elle a échoué les débris et la mer sur la côte. » Ils se serrent autour d’un d’arbre, les uns et les autres fascinés. Encore des feuilles recroquevillées et de cuivre à ses branches. Nous nous frayons un passage. Nous leur expliquons Ventury et notre quête de l’éclosion.
Accrochée à l’écorce, une chrysalide pourpre et molle remue. «C’est pour ce soir.» Chacun des spasmes nous dévoile un peu plus de la créature. Les veilleurs retiennent leur souffle. «Qu’elle survive et la pêche à la perche sera bonne.» Devant nous, dans un rai de lumière, les ailes pendantes et le corps chiffonné, un papillon se libère bleu de la membrane givrée.
Attentif à la créature, on se passe une flasque, on s’envoie des rasades de Bourbon dans la gorge, on se souffle dans les mains, on se réchauffe en tapotant du pied et on attend dans la pénombre et le froid pendant plus d’une heure.

Puis, le papillon de neige se hausse. Il pousse, déploie ses ailes et les fait vibrer. Là, dans cet air qui vrombit, naît et s’échappe le vent qui nous mènera jusqu’au sud de la Géorgie.

***

Ventury,
Nous avons longtemps roulé au devant de tes signes. À la suite des Grands Lacs, tu nous as poussés vers le sud, où tu as gelé les récoltes et condensé le monde qui cogne en nous. Nous sommes des passeurs appliqués à transmettre le sort du vent jeté entre nos mains, et l’intensité que nous ventilons reste silencieuse. […] Sur la lagune, tu nous as fait sentir le vent du boulet. Depuis, je ne peux souffler sans répit. Tu nous as dessiné un parcours. À l’encre, nous l’avons tracé sur la carte, chaque kilomètre dans un tête-à-tête permanent avec ton élément.  […]

AIR MAIL

Every day of the odyssey, Patrick Beaulieu visited the antique stores and used bookstores of the towns and villages strewn along the Road of winds. Every time, he would go straight to the sales clerk with the same question : “Do you have any postcards of the wind? ”
















Windfinders

Patrick Beaulieu

Attentive to the invisible currents that instill rhythm in the living beings of this world, Patrick Beaulieu multimedia installations embody journeys, trials of the self through which are revealed the least fleeting traces of an experience. They are deployed in physical, social and human geography, and testify to the direct influence of randomly encountered communities on the territory. Sensitive to the relationships between humanity and the unknowable forces that affect it, he ponder the spaces between and over things. Using natural fragments, his installations and videos question diverse states of matter. They express the whole through the detail. Travel and the crossing of frontiers are encapsulated in the feather of a migrating bird, or the destiny of a monarch butterfly in one of its wings. Patrick Beaulieu is deeply interested in the movements of animals, people and merchandise, and in the multiple themes that arise when considering these: frontiers, economies and politics; communication, alteration and integrity. Beaulieu’s installations and interventions have been shown in Singapore, Mexico, France, Belgium, Korea, U.S.A. Ireland, Brasil, and Canada.

vectormonarca.com
citizenshift.org
transfriable.com
artmur.com
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Alexis Pernet

Alexis Pernet is a landscape architect, trained in Versailles, at L’École nationale supérieure du paysage. In 2000, he traveled on foot around the perimeter of Parisian region, and retold the tale of his walk in L’idée du bord, promenades autour de Paris (The Idea of a Limit: Walks around Paris). This in turn led to a short essay, Marges intérieures (Inner Margins), published in 2005 by Mix Editions (Paris). He lives and work in Auvergne, a rural region of the center of France, where he mediates projects on rural, suburban and urban landscapes. In 2005, he completed a residency at the Est-Nord-Est artist centre, in Saint-Jean-Port-Joli, Québec, and was invited back in 2007 to participate in the event Histoires de paysages (Storied Landscapes) estnordest.org. In 2009, he co-founded a collective of people who, like himself, freely exercise the profession of landscape architect. With Cyrille Marlin he wrote De sites en sites (From Site to Site), retracing four years of collaborative work around the landscape of Auvergne. His writings have also been published in the prestigious Carnets du paysage (Landscape Notebooks) by Actes Sud Editions (France). He teaches in Clermont-Ferrand, at the École nationale supérieure d’architecture, and he is currently finishing a doctoral dissertation in geography at Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Walking, drawing, writing, and everything that relates to the experience of landscape are at the core of his work.

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Daniel Canty

Daniel Canty is an author, director, curator and translator. He makes books, films, and narrative interfaces for online and public interaction. The Ventury project follows up on his collaboration with Patrick Beaulieu on the Monarch Vector. Daniel’s directorial debut was an adaptation of Alan Lightman’s novel Einstein’s Dreams, in 1999, combining a Web broadcast with an art book. His first book, Êtres artificiels (1997), was an essay on automata in American literature. He recently released Le Livre de chevet (2009), a collective work of intricate graphical confection, on sleep, following up on the two first volumes of “The Table of contents” series, La Table des matières (2007), on food, and Cité selon (2006), on the city. He was one of the founders and editors of C’est selon, a poetry magazine (2002-2005), and is one of a trio of authors of Angles Digital Arts (2009), essays for the 10th anniversary of the Elektra festival. His stories, poems, essays and translations, in French and English, have been published in Canada, France and the United States. Daniel co-created the Time Zero – Mutating Cinemas section at the Festival du Nouveau Cinéma in Montréal, and programmed the last five editions of Interactive Screen, an international summit on new media at the Banff Centre, where he was also the founder of Horizon Zero (2002), an online space dedicated to the digital arts in Canada. A narrative of ambitions starting in “a”, A1, can be perused in print or at ay-one.net. Two fiction shorts, Cinema for the Blind and Ace of Hearts are now on the festival circuit, and he is working on Le Tableau des départs (The Board of Departures), an installation for a converted train station in the heart of Montreal’s most multicultural neighborhood, premiered in November 2010.

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Dauphin Vincent

Dauphin Vincent has studied the sciences and literature. He lives in Montréal. At the beginning of the 21st century, he contributed to the foundation of the poetry collective C’est selon, and published in various magazines in Québec and France. For Dauphin, writing is a laboratory inside which he admixes literary genres and attempts to open up the form of the story to the other arts. He has participated, as an author, in artistic projects and various stage works and multimedia performances. Since publishing Têtes à claques (Thickheads) in 2005, and L’eau de la givrée (Frozen waters) in 2009, he has taken a step back from the world to concentrate on shaping Le Méritoire de la Météorite (The Meritorious Meteorite), a large scale work where he gravitates ever closer to the body of words and the cosmic core of metaphors.

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Patrick Beaulieu

Credits

Ventury
A TRANS-FRONTIER ODYSSEY
TRAILING AMERICAN WINDS

a project by PATRICK BEAULIEU
with DANIEL CANTY . ALEXIS PERNET . DAUPHIN VINCENT

design STUDIO FEED
Website BUFFET
creative and editorial web consultant Daniel Canty
Videos Patrick Beaulieu
Photographs Patrick Beaulieu et Alexis Pernet
drawings Alexis Pernet
music (Ventury theme) HRAÏR HRATCHIAN et LISA Gamble
TRANSLATION Daniel Canty
COPYEDITING Angela Carr
collaboration Serge Bazinet, François Dufresne, Daniel Veillette

Patrick Beaulieu wishes to thank, for their support in this odyssey:
Danyèle Alain, Daniel Canty, Bryce Dwyer, Yves Gendreau, Julie Grenier, Véronique Leblanc,
Estela López Solìs, Florence de Mèredieu, Andrew Norman Wilson,
Alexis Pernet, Gilles Prince, Dauphin Vincent, Studio Feed, Buffet and the Green Lantern Gallery.
Ventury also wishes to acknowledge all of the people met through the
will of the winds and roads of America



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